MADAGASCAR A VTT : Octobre 2007 3/4
A environ 50 km de Manakara, descendu des hauts plateaux centraux, sous une chaleur accablante, je décide de changer momentanément de mode de transport, en embarquant ma monture sur une pyrogue pour rejoindre Manakara par le canal des Pangalanes. Deux jours à ramer en compagnie de deux jeunes malgaches seront nécessaires.

Encore à l'opposé des zones touristiques, il nous a même été très difficile de nous ravitailler en bouffe pendant ces deux jours (il semblait déjà que les rares villages rencontrés en bord de canal n'avaient pas pour eux de nourriture d'avance, seulement un peu de riz et du poisson pêché du jour)
Repas et nuit chez le chef du village ci-dessus.
Assez ramé ! les deux gars qui m'ont accompagnés dans leur pyrogue etaient bien sympas, mais ils n'en foutaient pas la rame (ca doit venir de la cette expression!), et ne pensaient qu' a picoler leur rhum fait maison !
Je remonte sur ma selle avec bcp de plaisir (et de mal au cul), apres une bonne douzaine d'heures de navigation reparties sur deux jours, sur ce canal des Pangalanes.

En continuant à descendre vers le sud, le long de la côte Est , entre Manakara et Fort Dauphin, les paysages deviennent de plus en plus sauvages, désertiques, chauds, venteux, et le sable remplace la boue !
De très nombreuses rivières et marécages sont à traverser, les pieds dans l'eau (et sa bilharziose!), ou sur une pyrogue négociée auprès du pêcheur du coin, mais parfois on a la chance qu'il y ait un pont, qui semble pas trop croulant...

Népenthès, faisant partie des plantes carnivores, rares espèces capables de pousser dans ces conditions (mais elles sont même pas capables de faire du vtt ici y parait...)

Au beau milieu des 270 km de cette "piste" désertique qui relie Vangaindrano à Fort Dauphin, où aucun véhicule à moteur ne circule en cette saison, je rencontre une famille dans un village perdu, qui fête la circoncision de deux garçons, et qui m'invite pour l'occasion... encore un moment incroyable !

Repas d'honneur : il y a des flageolets dans le riz, c'est un luxe auquel je n'ai pas goûté depuis bien longtemps ! (sinon, c'est riz nature matin, midi et soir, et bananes la journée pour carburer !)

Ma gueule de naze quand tout va bien !
Des fois, c'est duur ! faut aimer en chier, mais ... j'aime ça, maintenant j'en suis sûr !
Je viens de passer la journée à me perdre dans ce désert entrecoupé de marécages impossibles à traverser et de collines à n'en plus finir... les trois seules personnes que j'ai pu voir de loin aujourd'hui ont fuit en courant en m'apercevant à 500 mètres ! et à part celle des marécages, y manquait un peu d'eau ce jour-là ...
c'est une des rares fois du voyage où je me suis demandé si j'étais pas un peu maso...,